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  • Tant que mes jambes me permettent de fuir, tant que mes bras me permettent de combattre, nulle crainte : je puis agir. Mais lorsque mes mains et mes jambes se trouvent emprisonnées dans les fers des préjugés, alors je frissonne, je pleure...
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Nous-sommes-tous-des-tunisiens.jpgArticle premier de la Constitution – « La Tunisie est un Etat libre, indépendant et souverain ; sa religion est l'Islam, sa langue l'arabe et son régime la république »

Article 38 – « Le Président de la République est le Chef de l'Etat. Sa religion est l'Islam »

Article 40 – « Peut se porter candidat à la Présidence de la République tout Tunisien, jouissant exclusivement de la nationalité tunisienne, de religion musulmane… »

Sommes-nous prêts à amender ces articles et supprimer toute référence à la religion ? Peut-on introduire dans notre constitution la notion de laïcité Tunisienne ?

Soumettre cette question au suffrage universel me parait une évidence et une occasion historique qui s’offre au peuple Tunisien.

Sauf que pour porter le débat sur la scène publique pouvoir exposer, expliquer la laïcité, il faudrait conjuguer à la fois le courage politique  mais également, le savoir, la maitrise et l’intelligence dans le discours.

La Tunisie qui est entrain d’accoucher de sa Deuxième république, est appelée à fonder les piliers de sa nouvelle constitution. Pour ce faire, une assemblée constituante sera élue le 24/07/2011 pour bâtir cette constitution sur laquelle la Deuxième république trouvera son fondement. Cette constitution qui fixera l’organisation de l’Etat et régira le fonctionnement de ses institutions.

Il est vrai que le peuple Tunisien est majoritairement (au moins officiellement) de religion musulmane mais il est difficile de connaitre les proportions exactes des pratiquants, des croyants non pratiquants, des juifs, des chrétiens, des athées et des agnostiques. Mais peu importe, quelque soit les proportions, la constitution doit garantir pour l’ensemble des Tunisiens ; qu’ils soient majoritaires ou minoritaires les mêmes Doits et Obligations.

Je disais que ce débat est aujourd’hui une occasion historique. Oui c’est une occasion qui se justifie aujourd’hui et plus que jamais surtout qu’on a reconnu enfin un parti politique islamiste.

Cela peut paraitre paradoxal mais en fait le débat ne pourrait être riche et constructif qu’en présence d’un tel parti sur la scène politique. C’est exactement pareil si on voulait parler de cinéma sans les acteurs ou débattre sur le sport sans les sportifs.

Je suis convaincu que débattre sur la laïcité Tunisienne avec un parti comme le Mouvement de la tendance islamique (seul parti islamique ou islamiste reconnu à ce jour) ne peut qu’être bénéfique pour aller au bout de la réflexion et je dirais même donner une légitimité au choix final des Tunisiens quel qu’il en soit.

Mais que veut dire ce mot « Laïcité » et peut on avoir une Laïcité Tunisienne propre à nous et à nos valeurs ?

Je ne voudrais pas rentrer dans un débat idéologique, je me contenterai d’une définition simple et accessible. La laïcité est la séparation de l’Etat de toutes les religions et croyances. Ces derniers font partie du domaine privé alors que l’Etat fait partie du domaine public.

Être laïque c’est :

  • respecter toutes les religions et croyances,
  • garantir la liberté de conscience et de culte,
  • affirmer sa religion, sa croyance sans s’imposer
  •  être égal de droits indépendamment de sa religion ou croyance

 Maintenant comment appliquer concrètement le principe de laïcité dans la société Tunisienne ?

Heureusement, qu’en Tunisie on ne part pas de zéro et que le principe de laïcité est dores et déjà appliqué dans certains domaines.

Un Etat Tunisien laïque cela voudra dire :

  • Un Etat où l’état civil (acte de naissance, de mariage, de décès…etc.) est tenu par l’officier de l’état civil (la municipalité)
  •  Liberté de choisir entre le mariage religieux et le mariage civil mais tous les cas c’est l’officier civil qui établira l’acte de mariage.
  • Liberté à chacun de pratiquer la religion de son choix ou même de n’avoir aucune religion tant que cette pratique ne va pas à l’encontre des droits d’autrui (respecter les jeuneurs et les non jeuneurs)
  • Liberté d’afficher son appartenance religieuse ou ses croyances par des tenus vestimentaires ou autres signes tant que cela ne va pas à l’encontre des droits d’autrui et de la morale collective 
  • Que l'Etat et ses institutions ne peuvent, dans l’exercice de leurs pouvoirs et mandats, distinguer entre les personnes sur des critères religieux
  • L’Etat doit être le garant du respect de la laïcité dans ses institutions

Pour débattre sur la Laïcité Tunisienne (ses principes, ses fondements et ses applications dans notre société), il faudrait réunir aux moins deux protagonistes un qui est pour et l’autre qui est contre. Et c’est là où j’arrive au courage politique que je faisais allusion au début de mon papier. Courage, parce qu’il faudrait être prêt intellectuellement pour affronter une éducation, des habitudes bien ancrées dans la construction du Tunisien depuis son jeune âge. Nos grands parents, nos parents, nous-mêmes et nos enfants également, tous on a eu droit dans l’école publique à une éducation religieuse. Je ne porter aucun jugement de valeur sur l’éducation en général, je veux tout simplement que notre école publique n’exclut aucun tunisien. Qu’il soit musulman, juif, chrétien ou sans religion, le contribuable Tunisien, a droit d’être dans cette école publique et qu’on ne lui impose pas la religion de la majorité.

Parler de la laïcité Tunisienne c’est prendre le risque de nager contre courant et le risque de se faire battre dans les urnes. Mais, dit-on pas que les grandes causes se gagnent dans la douleur !!

Hélas, je n’ai pas entendu nos élites, nos politiques parler de ce sujet.

Est-ce par manque de courage politique ? Ou tout simplement c’est le sujet qu’il ne faut surtout pas évoquer. C’est TABOU HARAM !!

Avis Libre

 

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